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préface & tableau des effectifs de l'i.s.

(page 3)

jean-jacques raspaud
jean-pierre voyer

de l'institut de préhistoire contemporaine


l'internationale
situationniste
chronologie, bibliographie, protagonistes

(avec un index des noms insultés)


 au situationniste gianfranco sanguinetti

expulsé de france

par décision du ministre de l'intérieur

en date du 21 juillet 1971

éditions champ libre


(page 4)


NOTE SUR L'EDITION VAN GENNEP DE LA REVUE I.S.

 

Toutes les références indiquées dans cet ouvrage correspondent aussi bien à l'édition originale qu'à l'édition Van Gennep exécutée à l'identique au format original 15,5 X 23,5 cm.
Le lecteur peut se procurer cette excellente édition en la commandant directement à l'Institut de Préhistoire Contemporaine, B.P. 20-05, Paris.

 

Le premier nombre indiqué dans les références est le numéro de la revue, les seconds et suivants sont les numéros des pages de la revue considérée. Ex. : 12/87-104.

 

EXEMPLAIRE
N° 1781

© éditions champ libre, paris, 1972.


(page 5)

table des matières

           renseignements situationnistes (chronologie)
    7   préface
    9   tableau des effectifs de l'i.s.
  19   index des situationnistes
  25   index des noms cités ou insultés
  67   table des ouvrages cités
103    bibliographie
129    quelques reproductions des textes de l'i.s. (très sommaire)
139    quelques échos dans la presse et la librairie
(comment ne pas comprendre l'i.s.
             ou comment trop bien la comprendre)
147    table des matières de la revue internationale situationniste
163    table des auteurs


(page 7)

préface


Tout le monde parle de l'I.S., après un silence scandaleux qui a duré plus de dix ans.


Ceux qui pendant ce temps se sont crus obligés de n'en pas parler, se sentent obligés d'en parler aujourd'hui. Ce sont les mêmes. C'est seulement l'époque qui a changé.

On comprendra donc aisément que nous ne voulions pas mêler nos noms à toute cette canaille des commentateurs tardifs. Donc, pas de commentaires. Des dates, des points de repère, des informations (trop souvent inconnues ou falsifiées), la chose même.

 

En vue de l'établissement d'une seconde édition plus précise, nous saurons gré à tous lecteurs de nous communiquer : précisions, documents, copies de documents.



(page 9)

tableau des effectifs de l'i.s.


(page 11)


  SECTION NATIONALITE DEMISSION EXCLUSION
A. ALBERTS hollandaise hollandaise   print. 1960
ARMANDO hollandaise hollandaise   print. 1960
François de BEAULIEU française française 1970  
Michèle BERNSTEIN française française 1967  
Robert CHASSE américaine américaine   janv. 1970
Patrick CHEVAL française française 1970  
Alain CHEVALIER française française   oct. 1969
Ivan CHTCHEGLOV hors section française membre de loin
Timothy CLARKE anglaise anglaise   déc. 1967
CONSTANT (Nieuwenhuis) hollandaise hollandaise été 1960  
Mohamed DAHOU algérienne algérienne 1959  
Guy DEBORD française française    
Ervin EISCH allemande allemande   fév. 1962
Ansgar ELDE scandinave suédoise   mars 1962
Bruce ELWELL américaine américaine   janv. 1970
Lothar FISCHER allemande allemande   fév. 1962
André FRANKIN hors section belge mars 1961  
Edith FREY française française janv. 1967  
Théo FREY française française   janv. 1967
Jean GARNAULT française française   janv. 1967
Christopher GRAY anglaise anglaise   déc. 1967
Anton HARTSTEIN française roumaine   juill. 1966
Heinz HOFL allemande allemande 1960  

(page 12)

  SECTION NATIONALITE DEMISSION EXCLUSION
Herbert HOLL française française   janv. 1967
Jon HORELICK américaine américaine scission
déc. 1970
 
Jacqueline de JONG hollandaise hollandaise   mars 1962
Asger JORN française danoise avr. 1961  
Abdelhafid KHATIB algérienne algérienne 1960  
Mustapha KHAYATI française tunisienne sept. 1969  
Walter KORUN belge belge   aut. 1958
Attila KOTANYI belge hongroise   oct. 1963
Dieter KUNZELMANN allemande allemande   fév. 1962
Steffan LARSSON scandinave suédoise   mars 1962
Peter LAUGESEN scandinave danoise   oct. 1963
Uwe LAUSEN allemande allemande   mars 1965
Katja LINDELL scandinave suédoise   mars 1962
Ndjangani LUNGELA française congolaise 1967  
MARTIN (Jeppesen Victor) scandinave danoise    
Giors MELANOTTE italienne italienne   été 1960
Jörgen NASH scandinave danoise   mars 1962
Renée NELE allemande allemande   fév. 1962
Donald NICHOLSON-SMITH anglaise anglaise   déc. 1967
Walter OLMO italienne italienne   janv. 1958
Har OUDEJANS hollandaise hollandaise   print. 1960
Jacques OVADIA hors section israélienne 1961  

(page 13)

  SECTION NATIONALITE DEMISSION EXCLUSION
Claudio PAVAN italienne italienne   print. 1970
Giuseppe PINOT-GALLIZIO italienne  italienne    été 1960 
Hans PLATSCHEK  allemande  allemande    fév. 1959 
Heimrad PREM  allemande  allemande    fév. 1962 
Charles RADCLIFFE  anglaise  anglaise  nov. 1967   
Rudi RENSON  belge  belge  1966   
René RIESEL  française  française    sept. 1971 
Eduardo ROTHE  italienne  vénézuelienne    print. 1970 
Ralph RUMNEY  italienne  anglaise    mars 1958 
Paolo SALVADORI  italienne  italienne    été 1970 
Gianfranco SANGUINETTI  italienne  italienne     
Christian SEBASTIANI  française  française  déc. 1970   
Piero SIMONDO  italienne  italienne    janv. 1958 
Gretel STADLER  allemande  allemande    fév. 1962 
Hardy STRID  scandinave  suédoise    mars 1962 
Jan STRIJBOSCH  belge  hollandaise    juill. 1966 
Helmut STURM  allemande  allemande    fév. 1962 
Alexander TROCCHI  hors section  anglaise  aut. 1964   
Raoul VANEIGEM  belge  belge  nov. 1970   
Tony VERLAAN  américaine  hollandaise  scission
déc. 1970 
 
Elena VERRONE  italienne  italienne    janv. 1958 


(page 14)

  SECTION NATIONALITE DEMISSION EXCLUSION
René VIENET française française fév. 1971  
Glauco WUERICH italienne italienne   été 1960
Maurice WYCKAERT belge belge   avril 1961
Hans-Peter ZIMMER allemande allemande   fév. 1962
Total : 70 individus.     19 + 2
scissionnistes
45


On relève également deux pseudonymes dans la revue Internationale Situationniste : Gilles Ivain, pseudonyme de Chtcheglov et George Keller, pseudonyme de Jorn après sa démission officielle. Jorn conserva peu de temps (un an environ) une collaboration à l'I.S. Le premier but de sa démission fut de combattre sa « gloire » personnelle qui devenait envahissante. Ce compromis ne dura pas.
___________________________________________________________________________

Notre tableau donne les noms de la totalité des individus qui se sont trouvés membres de l'I.S., à un moment quelconque entre juillet 1957 (Conférence de fondation à Cosio d'Arroscia) et le 31 décembre 1969. Si nous n'avons pas encore été en mesure de prolonger la chronologie pour 1970 et 1971, nous avons au moins indiqué ce qu'il est advenu, pendant ces deux dernières années, de chacun de ceux qui avaient été situationnistes avant la date limite que nous avions choisie.

La première constatation qui s'impose à nous réside dans le chiffre même des participants, extraordinairement bas pour une entreprise de cette envergure. Nous trouvons que 70 personnes (dont 7 femmes) ont été situationnistes, et ceci en considérant une période de douze ans et six mois. Il convient en effet de garder présent à l'esprit, d'une part ce fait notoire que plusieurs centaines d'autres individus se sont déclarés partisans de l'I.S. et ont voulu y participer dès avant mai 1968, et au moins plusieurs milliers après cette date ; d'autre part, que le nombre des situation-


(page 15)


nistes a paru toujours considérablement plus élevé aux divers observateurs, notamment à  cause des     nombreuses rumeurs qui ont tendu à dénoncer, de bonne foi ou non, la présence directe de l'I.S. dans une série extrêmement variée de menées subversives plus ou moins occultes.

 

Dans ces conditions, le chiffre que nous pouvons maintenant produire semble bien confirmer la vérité de cette volonté, souvent affirmée par l'I.S. depuis son origine, de refuser aussi bien les disciples et suiveurs que les moyens d'action saisissables par une extension quantitative d'une masse d'exécutants, base indispensable d'une bureaucratie organisationnelle interne, et de son action directive et hiérarchique vers l'extérieur. La constante dispersion de ce petit nombre de membres de l'I.S. en plusieurs groupes nationaux plus restreints encore est une preuve supplémentaire que l'I.S. n'a, en aucun pays, choisi de faire figure de « direction révolutionnaire » d'extrême avant-garde, en y concentrant les moyens qu'aurait pu lui donner pour cette fin un groupement un peu plus compact. Ce qui a été refusé comme autorité pratique sur une force directement contrôlable par de possibles leaders situationnistes (I.S. 8/27-28 : « L'I.S. ne peut être qu'une Conspiration des Egaux, un état-major qui ne veut pas de troupes... Nous n'organisons que le détonateur : l'explosion libre devra nous échapper à jamais, et échapper à quelque autre contrôle que ce soit. »), a du reste été également refusé, on le sait, en tant que politique de contrôle informel, par les divers moyens de l'autorité prestigieuse, sur les couches extérieures de partisans ou admirateurs qui, dans les dernières années, se sont développées toujours plus largement sous la dénomination populaire de « pro-situs ». On pouvait déjà lire dans ce même n° 8 de la revue I.S. (janvier 1963) : « Comme tout prestige qui peut se constituer dans le monde - et bien que notre "prestige" soit vraiment très particulier, nous avons commencé à déchaîner les forces mauvaises de la soumission à nous-mêmes. Pour ne jamais céder à ces forces, il nous faudra inventer les défenses adéquates, qui dans le passé ont été très peu étudiées. » Ce programme a été une nouvelle fois défendu par la récente activité de la tendance des « debor-


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distes », qui a imposé, en 1970-1971, une épuration de l'I.S. plus radicale que toutes les précédentes, en la présentant comme la plus urgente des mesures pratiques nécessitées par le succès même que cette singulière organisation a rencontré. Nous croyons donc apporter, pour la première fois, en ayant établi avec certitude le chiffre exact des participants, nulle part cité jusqu'à ce jour, un élément d'appréciation scientifique relativement à cette question essentielle.

Le second chiffre extrêmement significatif, également calculé pour la première fois, est naturellement celui des exclusions. Il confirme, au-delà même de tout ce que l'on pouvait pressentir, ce qui a pu être écrit et dit de pire contre l'I.S. sur ce chapitre. 45 situationnistes sur 70, soit près des deux tiers, ont été exclus. Cette proportion frappante est cependant encore aggravée, si l'on examine de plus près la liste des démissions (19 démissions proprement dites, plus 2 autres qui ont revêtu, momentanément au moins, un caractère de scission). Il nous apparaît aussitôt que, si quelques-unes ont eu, et se sont fait reconnaître, des motifs personnels parfaitement honorables (Jorn, Khayati), pour plus de la moitié des cas il s'agit manifestement de démissions forcées, qu'elles aient été entraînées par des circonstances qui purent être considérées comme peu blâmables (trop grande inactivité, ou erreur particulière dont la conclusion a pu être immédiatement tirée par l'individu concerné), ou bien qu'elles aient été visiblement enregistrées comme aveu de l'ignominie du démissionnaire (Constant, Vaneigem). Si le phénomène de la démission doit être ainsi séparé, et classé en au moins trois réalités distinctes, il faut noter inversement qu'un petit nombre d'exclusions ont été présentées par l'I.S. comme découlant de simples obligations organisationnelles, pour tels cas d'inconséquence momentanée ou d'inexécution d'un engagement précis, sans qu'elles puissent signifier que la valeur individuelle, la créativité ou la rigueur révolutionnaire de ces individus en doivent être altérées : cette catégorie comprend Lausen, Pinot-Gallizio, Rothe, Salvadori, Strijbosch, Wyckaert, et peut-être aussi, avec une moindre certitude, Nicholson-Smith.


(page 17)

On doit donc conclure que, si l'accès à l'I.S. a été rendu extrêmement malaisé, et si guère plus d'un dixième de ses membres ont préféré un jour s'en retirer, en revanche près des quatre cinquièmes en ont été expulsés. Ce qui signifie implicitement, d'une part que l'I.S., dans toute la période considérée, n'a pas été une organisation bureaucratique visant à réaliser une exploitation hiérarchique de l'activité des individus, ni en elle-même ni au-dehors ; mais d'autre part qu'elle n'a pas été, malgré sa volonté affirmée et sa pratique formellement démocratique, une association égalitaire. Secondairement, on peut retirer de l'ensemble de ces données cette autre constatation que le choix excessivement limité des participants n'a cependant jamais réussi à être un choix effectivement rigoureux, et que cette sélection sévère n'a cependant pas abouti, pour la majorité des cas, à une véritable association cohérente d'individus autonomes.

Le classement des situationnistes par nationalités fait aussitôt apparaître l'I.S. comme étant effectivement une organisation internationale ; et montre particulièrement qu'elle n'a jamais été, malgré la fausse impression causée sur ce point par son succès en mai 1968, à prédominance française. Nous trouvons 16 nationalités représentées dans l'I.S. Leur classement par ordre d'importance numérique donne ceci : Français (13), Allemands (11), Italiens (9), Hollandais (7), Anglais (6), Belges (5), Danois (4) et Suédois (4), Américains (3), Algériens (2), Congolais, Hongrois, Israélien, Roumain, Tunisien et Vénézuélien (1 de chaque). Les Français, les Allemands et les Italiens (33) constituent à eux seuls presque la moitié des situationnistes ; mais les Français seuls n'y figurent que pour un peu moins de un cinquième (encore faut-il noter que c'est seulement après mai 1968 que les Français, cette période en ayant fait recevoir 5 dans l'I.S., en sont venus à constituer la nationalité la plus nombreuse). L'I.S. a été essentiellement un mouvement européen (61 contre 9), dans lequel l'Europe de l'Est n'est représentée que par deux individus (des exilés).


(page 18)


Si l'on envisage ensuite le classement des sections de l'I.S. d'après le nombre de leurs participants, on trouve : section française (16), section allemande (11), section italienne (11), section scandinave (7), section belge (6), section hollandaise (5), section américaine (4), section anglaise (4), section algérienne (2). La France, l'Allemagne et l'Italie apparaissent cette fois encore comme les bases principales de l'I.S., avec la participation de plus de la moitié des situationnistes. Si l'on néglige le cas marginal algérien, la localisation des sections de l'I.S. recoupe assez bien les zones de développement où devait apparaître la contestation moderne. On relèvera enfin que 4 situationnistes n'ont jamais été intégrés à une section, et que 9 autres ont été membres d'une section qui n'était pas celle de leur pays.

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